de Duve, Christian (9)

Christian René Marie Joseph, vicomte de Duve, né le 2 octobre 1917 à Thames Ditton en Angleterre et mort le 4 mai 2013 à Nethen en Belgique, est un docteur en médecine et biochimiste belge qui reçut le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1974.

de Duve, Christian

En concédant que votre voisin pourrait avoir raison vous reconnaissez que vous pourriez avoir tort.

Humour - 16/20

Comme je puis en témoigner d'expérience personnelle, un service funèbre dans une jolie église, au son, admirablement chanté, du In paradisum de Fauré, conserve toute sa beauté poignante même s'il n'y a aucun paradis pour accueillir la défunte aimée.

Mort - 16/20

Une faiblesse majeure commune à la plupart des religions est l'appui qu'elles prennent sur la croyance, c'est-à-dire la foi inconditionnelle en des affirmations par une autorité qui n'a 'autre légitimité que sa prétention de posséder la vérité, soutenue par un puissant pouvoir de persuasion. La foi en un Dieu créateur, par exemple ; dans la véracité du récit biblique ; dans la résurrection des morts avec, comme accompagnement, le bonheur (ou le malheur) éternel. La foi dans l'animisme ou la réincarnation ; dans l'efficacité de la prière ou dans le pouvoir de certains gestes et rites sacramentels. La foi, surtout, dans l'autorité, parfois même l'infaillibilité, d'une hiérarchie qui s'est auto-investie du droit de décider ce qui est vrai. L'acceptation sans preuves de telles prétentions défie la raison et ne peut plus être admise dans notre monde moderne, formé, depuis les Lumières, à exercer ce que Descartes a appelé le "doute méthodique". Et, néanmoins, la majorité des êtres humains vivant sur la Terre aujourd'hui continuent d'adhérer à l'un ou l'autre système de croyances et de rejeter la rationalité, ou même de s'opposer a son enseignement, pour des motifs religieux.

Religion - 17/20

Pour qui croit à un Dieu capable d'exaucer des prières, il n'est pas difficile d'imaginer que ce Dieu ait pu, à l'un ou l'autre moment, donner un coup de pouce à l'évolution dans une direction de son choix, surtout si l'on croit, comme l'affirment fermement la doctrine catholique et plusieurs autres religions déistes, que ce choix inclut l'avènement de l'humain. Mais la question n'est pas là. Elle est, même pour le croyant, de savoir si le coup de pouce était nécessaire ou si les évènements ont pu se produire naturellement. [...] Réfuter le dessein intelligent est simple et ne demande pas des connaissances spécialisées. La théorie est tout simplement non scientifique. La science est fondée sur l'hypothèse de travail que les choses sont naturellement explicables. Cela peut être vrai ou non. Mais le seul moyen de le savoir, c'est de faire tous les efforts possibles pour expliquer les choses naturellement. Ce n'est que si l'on échoue dans cette tentative - en supposant que l'échec puisse être établi définitivement - qu'on a le droit d'affirmer que ce qu'on étudie n'est pas explicable naturellement.

Savoir - 16/20

La recherche de l'intérêt immédiat, qu'elle soit individuelle ou collective, explique notre exploitation irresponsable des ressources naturelles et notre absence de préoccupation pour les conséquences néfastes de nos activités, dont les effets menacent aujourd'hui l'avenir de notre espèce et celui d'une bonne partie du monde vivant. [...] Tous ces faits sont connus et abondamment dénoncés par les médias. Ce que le biologiste que je suis a voulu souligner dans cet ouvrage, c'est qu'ils découlent de traits innés, inscrits et préservés dans nos gènes par la sélection naturelle. Utiles par le passé, à un certain stade de notre évolution, ces traits sont devenus nuisibles. Ils constituent un fardeau naturel que nous assumons en naissant. [...] Il n'y a pas d'Ève à blâmer, pas de serpent, seulement la sélection naturelle, nécessairement aveugle, insensible, dénuée de prévoyance comme de responsabilité.

Savoir - 16/20

Nous sommes les produits de la sélection naturelle, victimes d'une bizarrerie génétique qui nous a donné suffisamment d'intelligence et d'adresse pour conquérir le monde, mais pas assez de sagesse pour gérer les fruits de nos victoires.

Savoir - 16/20

Il n'y a aucune raison, hormis l'orgueil humain, de supposer que nous sommes le couronnement de l'évolution et que le cerveau humain a atteint sa limite ultime de développement.

Savoir - 17/20

Dans tout le monde animal, les mâles se battent, parfois jusqu'à la mort, parfois rituellement, pour les femelles les plus désirables, tandis que les femelles protègent leurs jeunes ou observent, fascinées, cette joute dont elles sont l'enjeu. Ceux qui sortent victorieux de ces batailles gagnent le droit de confier leurs gènes aux meilleures femelles et de produire une progéniture semblablement avantagée. Ainsi l'instinct de gagner en combat est-il génétiquement un impératif mâle, grandement favorisé par la sélection naturelle.

Savoir - 16/20

L'argument contre les OGM qui impressionne le plus le grand public est qu'ils sont «antinaturels ». L'insertion d'un gène étranger dans un organisme vivant est considérée comme un crime contre nature, une tentative de «jouer Dieu ». Cette sacralisation de la nature est irrationnelle et ne repose sur aucun argument objectif. La nature n'est ni bonne ai mauvaise; elle est neutre. La sélection naturelle est aveugle ; elle a autant de sollicitude pour le virus du sida que pour la moisissure productrice de pénicilline, pour le scorpion que pour le poète. Ce qui favorise la survie et la prolifération dans les conditions existantes est automatiquement sélectionné.

Savoir - 17/20