Schopenhauer, Arthur (45)

Arthur Schopenhauer (/aʁtyʁ ʃɔpɛn‿awœʁ ; en allemand : /ˈʔaʁtʊʁ ˈʃɔpn̩ˌhaʊ̯ɐ/ ) est un philosophe allemand, né le 22 février 1788 à Danzig et mort le 21 septembre 1860 à Francfort-sur-le-Main. La philosophie de Schopenhauer a eu une influence importante sur de nombreux écrivains, philosophes ou artistes du XIXe siècle et du XXe siècle, notamment à travers son œuvre principale publiée pour la première fois en 1819, Le Monde comme volonté et comme représentation.

Schopenhauer, Arthur

La modestie est bien une vertu inventée principalement à l'usage des coquins, car elle exige que chacun parle de soi comme s'il en était un : cela établit une égalité de niveau admirable et produit la même apparence que s'il n'y avait que des coquins.

Morale - 13/20

La mort est le génie qui inspire le philosophe, l'Apollon musagète de la philosophie... S'il n'y avait pas la mort, on ne philosopherait guère.

Mort - 16/20

Ne pas se rendre au théâtre, c'est comme faire sa toilette sans miroir.

Beauté - 14/20

Les religions sont comme les vers luisants : pour briller, il leur faut de l'obscurité.

Humour - 18/20

Toutes les vérités traversent trois étapes : d'abord, on rit d'elles, puis on s'y oppose violemment, puis elles sont acceptées comme des évidences.

Vie Pratique - 14/20

Nous pouvons considérer notre vie comme une perturbation inutilement pénible dans le bienheureux repos du néant.

Métaphysique - 18/20

Une pitié sans bornes pour tous les êtres vivants, c'est le gage le plus ferme et le plus sûr de la conduite morale...

Morale - 17/20

La richesse est pareille à l'eau de mer : plus on en boit, plus on a soif.

Sagesse - 16/20

Les rois et les domestiques ne sont désignés que par leurs petits noms : voilà les deux extrêmes de la société.

Humour - 16/20

La vérité est que ce monde ne peut être l'œuvre d'un Être aimant, mais bien plutôt celle d'un démon, qui tire les créatures du néant pour se délecter du spectacle de leurs tourments.

Religion - 18/20

Toute passion, quelque apparence éthérée qu'elle se donne, a sa racine dans l'instinct sexuel, ou même n'est pas autre qu'un instinct sexuel plus nettement déterminé, spécialisé ou, au sens exact du mot, individualisé. [...] L'instinct sexuel, bien qu'au fond pur besoin subjectif, sait très habilement prendre le masque d'une admiration objective et donner ainsi le change à la conscience ; car la nature a besoin de ce stratagème pour arriver à ses fins. Mais si objective et si bien revêtue de sublimes couleurs que cette admiration puisse nous paraître, cependant cette passion amoureuse n'a en vue que la procréation d'un individu de nature déterminée ; ce qui le prouve avant tout, c'est que l'essentiel n'est pas la réciprocité de l'amour, mais bien la possession, c'est-à-dire la jouissance physique. La certitude d'être payer de retour ne peut nullement consoler de la privation de cette jouissance : bien des hommes, en pareille circonstance, se sont brûlé la cervelle.

Amour - 17/20

Le sommeil est pour l’ensemble de l’homme ce que le remontage est à la pendule.

Temps - 15/20

Désirer l'immortalité, c'est désirer la perpétuation éternelle d'une grande faute.

Mort - 17/20

Comment peut-on prétendre que les amis sont rares, dans le besoin ? Mais c'est le contraire. A peine a-t-on fait amitié avec un homme, que le voilà aussitôt dans le besoin et qu'il vous emprunte de l'argent.

Humour - 15/20

De même que devant le soleil, flambeaux et feux d'artifice perdent leur éclat, de même l'esprit, le génie et jusqu'à la beauté se voilent et s'assombrissent devant la bonté du cœur.

Morale - 17/20

Le monde dans lequel chacun vit dépend de la façon de le concevoir.

Sens de la vie - 16/20

Le sommeil est un emprunt fait à la mort pour l'entretien de la vie.

Mort - 16/20

L'égoïsme inspire une telle horreur que nous avons inventé la politesse pour le cacher, mais il perce à travers toutes les voiles et se trahit en toute rencontre.

Morale - 17/20

La beauté est une lettre de recommandations qui conquiert tous les cœurs du premier coup.

Beauté - 17/20

Le propre de l’action moralement bonne est d’être dirigée en vue de l’avantage d’un autre.

Morale - 18/20

Ce n'est le plus souvent que la perte des choses qui en enseigne la valeur.

Vie Pratique - 15/20

L'essentiel pour le bonheur de la vie, c'est ce que l'on a en soi-même.

Sagesse - 17/20

Le destin mêle les cartes et nous jouons.

Sens de la vie - 17/20

L'homme ordinaire ne se préoccupe que de passer le temps, l'homme de talent s'occupe de l'employer.

Temps - 15/20

La vie donc oscille, comme un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l'ennui.

Sagesse - 12/20

C'est la pensée qui donne au style sa beauté, mais chez les pseudo-penseurs c'est le style qui doit orner les pensées.

Beauté - 16/20

On ne peut pas être vraiment soi qu'aussi longtemps qu'on est seul ; qui n'aime donc pas la solitude n'aime pas la liberté, car on n'est libre qu'étant seul.

Liberté - 16/20

Qu'on suppose à une action, comme cause dernière, le motif qu'on voudra : ce sera toujours, en fin de compte et par des détours plus ou moins longs, le bien et le mal de l'agent lui-même qui aura tout mis en branle : l'action sera donc égoïste et par suite sans valeur morale. Il est un cas, un seul, qui fasse exception : c'est quand la raison dernière d'une action ou omission réside dans le bien et le mal d'un autre être : alors celui qui agit ou s'abstient n'a rien d'autre en vue que la pensée du bien et du mal de cet autre ; son seul but est de faire que cet autre ne soit pas lésé, ou reçoive aide, secours et allégement de son fardeau. C'est cette direction de l'action qui seule peut lui imprimer un caractère de bonté morale ; ainsi tel est le propre de l’action, positive ou négative, moralement bonne, d’être dirigée en vue de l’avantage et du profit d’un autre.

Morale - 16/20

Tout ce qui est exquis mûrit lentement.

Vie Pratique - 14/20

Ce qui rend les hommes sociables est leur incapacité à supporter la solitude et donc, eux-mêmes.

Vie Pratique - 15/20

Bien des gens seraient capables de tuer un homme pour prendre la graisse du mort et en frotter leurs bottes.

Morale - 16/20

Tout bonheur est négatif … Au fond ils [la satisfaction, le contentement] ne sont que la cessation d'une douleur ou d'une privation.

Sagesse - 12/20

Tout désir naît d'un manque, d'un état qui ne nous satisfait pas ; donc il est souffrant, tant qu'il n'est pas satisfait. Or nulle satisfaction n'est de durée ; elle n'est que le point de départ d'un désir nouveau. Nous voyons le désir partout arrêté, partout en lutte, donc toujours à l'état de souffrance ; pas de terme dernier à l'effort ; donc pas de mesure, pas de terme à la souffrance.

Vie Pratique - 12/20

La modestie, chez les gens médiocres, est simplement de l’honnêteté ; chez les gens brillamment doués, elle est de l’hypocrisie.

Vie Pratique - 14/20

Nous ne sommes que des êtres temporels, finis, éphémères, fantomatiques qui passent comme des ombres.

Métaphysique - 16/20

Le temps viendra où celui qui ne saura pas ce que j'ai dit sur telle ou telle chose se révélera être un ignorant. [...] Le monde a appris grâce à moi un certain nombre de choses qu'il n'oubliera jamais.

Savoir - 17/20

Tu peux, il est vrai, faire ce que tu veux, mais à chaque moment de ton existence, tu ne peux vouloir qu'une chose précise et une seule, à l'exclusion de toute autre.

Liberté - 17/20

La philosophie naît de notre étonnement au sujet du monde et de notre propre existence, qui s'imposent à notre intellect comme une énigme dont la solution ne cesse dès lors de préoccuper l'humanité.

Sagesse - 16/20

Toute notre vie oscille, comme le pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l'ennui.

Vie Pratique - 17/20

Les femmes sont comme des miroirs, elles réfléchissent mais ne pensent pas.

Humour - 16/20

Ce que l’on a ou ce qu’on représente importe beaucoup moins que ce que l’on est.

Sagesse - 16/20

Et en revanche, des hommes passionnément amoureux, faute de pouvoir se faire aimer eux-mêmes, se contentent de la possession, de la jouissance physique. J'en trouve la preuve dans tous les mariages forcés, dans ces faveurs que l'on achète si souvent d'une femme, en dépit de sa répugnance, au prix de présents considérables ou d'autres sacrifices, et aussi dans les cas de viol. La procréation de tel enfant déterminé, voilà le but véritable, quoique ignoré des acteurs, de tout roman d'amour : les moyens et la façon d'y atteindre sont chose accessoire. [...] L'espèce, siège et racine de notre être visible, a sur nous un droit plus intime et plus ancien que l'individu ; de là cette préférence donnée à ses intérêts. Le sentiment de cette vérité a fait personnifier aux anciens le génie de l'espèce dans Cupidon, qui, en dépit de son aspect enfantin, est un dieu hostile, cruel et par suite décrié, un démon capricieux et despotique, et, malgré tout, maître des dieux et des hommes.

Amour - 0/20

Des flèches meurtrières, la cécité et des ailes, voilà ses attributs. Les dernières indiquent l'inconstance, inconstance qui ne commence qu'avec la désillusion, suite elle-même à la jouissance. La passion reposait sur une illusion qui faisait miroiter aux yeux de l'individu comme précieux pour lui ce qui n'a de valeur que pour l'espèce ; le but de l'espèce une fois atteint, la chimère doit donc disparaître. L'esprit de l'espèce qui s'était emparé de l'individu, lui rend sa liberté. Abandonné par lui, l'individu retombe dans ses bornes et dans sa misère originelles ; il voit avec étonnement que toutes ces aspirations si hautes, si héroïques, si infinies, ne lui ont rien procuré de plus pour sa jouissance que ce que fournit toute autre satisfaction de l'instinct sexuel ; contre son attente, il ne se trouve pas plus heureux qu'avant. Il s'aperçoit qu'il a été la dupe de la volonté de l'espèce.

Amour - 0/20

Vouloir, s'efforcer, voilà tout leur être ;c'est comme une soif inextinguible.Or tout vouloir a pour principe un besoin, un manque, donc une douleur...Mais que la volonté vienne à manquer d'objet, qu'une prompte sayisfaction vienne à lui enlever tout motif de désirer, et les voilà tombés dans un vide épouvantable, dans l'ennui ; , leur essence et leur existence pèsent d'un poids intolérable. La vie donc oscille, comme un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l'ennui ; ce sont là les deux éléments dont elle est faite, en somme. De là ce fait bien significatif par son étrangeté même : les hommes ayant placé toutes les douleurs, toutes les souffrances dans l'enfer, pour remplir le ciel n'ont plus trouvé que l'ennui...

Sens de la vie - 17/20

Le fou court après les plaisirs de la vie et trouve la déception ; le sage évite les maux.

Sagesse - 16/20